Contre toute attente, l'économie revient en force dans la campagne présidentielle américaine, à quatre semaines des premières échéances électorales, éclipsant la guerre en Irak dans les discours et les débats.

Avec la Bourse plus instable que jamais, la crise des prêts immobiliers qui s'amplifie, les coûts de santé qui s'aggravent et la crise des retraites qui se rapproche, les uns après les autres les candidats développent arguments et attaques pour répondre à des inquiétudes qui touchent de très près les électeurs - au premier chef les démocrates.

Certains croient déjà deviner une répétition de la campagne de 1992, où le démocrate Bill Clinton avait fait pratiquement l'impasse sur les thèmes de politique extérieure (au lendemain de la guerre du Golfe lancée et gagnée par son prédécesseur républicain George Bush). Ce qui compte pour l'électeur, "c'est l'économie, imbécile", martelait un de ses conseillers - célébrissime refrain qu'on recommence à entendre aujourd'hui.

A en croire un sondage réalisé pour le Des Moines Register de dimanche auprès des électeurs de l'Iowa, les premiers appelés à se prononcer le 3 janvier sur la course à la Maison Blanche, la santé, l'économie et l'emploi sont les trois principaux soucis des démocrates (cités par 87% d'entre eux), devant la guerre en Irak (82%).

Les républicains de l'Iowa s'intéressent plus à la sécurité nationale, au terrorisme, à l'immigration, mais la politique fiscale et commerciale et les retraites sont aussi des thèmes cités par une majorité d'entre eux.