L'Italie a battu la Roumanie 24 à 18 mercredi soir au Stade Vélodrome
de Marseille, dans une partie indigente qui aura confirmé les limites
du potentiel roumain et enfoncé plus encore la Squadra Azzurra dans le
doute et la perplexité.
Les données du match étaient simples pour les Italiens: tordre le cou
pour toujours à la pitoyable prestation de samedi face à la
Nouvelle-Zélande (76-14), revenir aux choses simples et le cas échéant,
marquer les quatre essais du point de bonus offensif, avec comme
objectif final la qualification pour les quarts de finale.
Ils n'auront atteint aucun de ces objectifs.
Dès la 6e minute, Griffen
tapait au pied sur un ballon mal négocié par le pack roumain dans ses
22, puis le ramassait pour lancer Dellapé en coin. C'était suffisant,
croyait-on, pour lancer les Italiens sur une dynamique positive. Sept
minutes plus tard, Bortolussi transformait une pénalité sanctionnant un
plongeon des avants roumains face aux poteaux (8-0).
Mais la fébrilité, déjà ,
gagnaient les deux équipes. les Roumains échappaient de peu Ã
l'exécution sur une énorme toile de leur ailier Percu, contré au moment
de dégager depuis son en-but. Mais M. Spreadbury refusait l'essai
italien, tout comme un second, six minutes plus tard, sur une
pénaltouche.
Les Italiens se mettaient alors Ã
cafouiller leur rugby, échapper les ballons, voire les jouer avant même
de les conquérir, s'imprégnant progressivement mais consciencieusement
de cette fichue peur de mal faire.
Teigneux, les avants roumains administraient quelques tampons mais Dumitras ratait deux pénalités au delà des cinquante mètres.
Les Italiens
ne trouvaient pas plus de solutions, n'avançant vraiment qu'au pied
sans jamais imprimer de rythme à la rencontre. Certaines phases de jeu,
avec six en-avants et trois fautes de part et d'autres, frisaient le
grotesque.
A 8-0 à la pause, le Stade Vélodrome, pourtant de bonne composition, se mis à protester.
Les
Roumains revenaient avec les mêmes intentions, limitées mais saines,
enfonçant les Italiens sur un essai en force dès la reprise. Peu après,
sur un nouveau cafouillage italien, le talonneur roumain Tincu partait
au raz et ridiculisait le centre Micro Bergamasco.
Griffen sortait sur une civière. Ca faisait 12-8 pour la Roumanie et ça sentait la débâcle.
Manta exclu pour dix minutes, les Italiens
reprenaient pourtant le dessus dans le combat, et obtenaient un essai
de pénalité après plusieurs mêlées écroulées (15-12).
Trois pénalités de Pez contre deux de Dimofte leur
donnaient un peu d'air, au moins au tableau d'affichage (24-18), en
attendant la fin.
Pour leur prochain match, la Roumanie rencontrera
l'Ecosse le 18 septembre et l'Italie affrontera les Portugais le
lendemain. La Nouvelle-Zélande, elle, préfère s'entraîner sérieusement
faute d'avoir des adversaires décents.