Pourquoi ne parle-t-on pas de la vie privée des candidats à la présidentielle, s’interroge le journal britannique «The Independent» le 28 avril? Et notamment, des rumeurs qui prétendent que Cécilia et Nicolas Sarkozy seraient séparés?

Guy Birenbaum, blogueur et hérault de quelques secrets politiques mal gardés, explique ce silence. «Raison numéro 1: l’article 9 du code civil» intitulé «droit au respect de la vie privée». Autrement dit, il est illégal de parler de la sphère non professionnelle des personnes publiques. De cette première raison découle la «raison numéro deux: la trouille, reprend Guy Birenbaum. Et raison numéro trois: les relations amicales qui ont pu s’établir entre journalistes et politiques. L’investigation s’arrête aux portes de la chambre à coucher, comme on dit».

Une question sans réponse

La première semaine entre les deux tours, sur TF1, PPDA a posé la question au candidat UMP: «Si vous êtes élu, vous installerez-vous à l’Elysée avec femme et enfants?». Réponse de l’intéressé: «Si je suis élu, je m’installerai à l’Elysée», point.

«Si j’avais des infos vérifiables et vérifiées à ce propos, je l’écrirais», explique Philippe Ridet, le journaliste chargé de suivre Nicolas Sarkozy pour le quotidien «Le Monde». «Mais le sujet est terriblement vissé, ceux qui savent ne parlent pas. Quand je demande à Nicolas Sarkozy où est sa femme, il répond: “Vous m’avez reproché de l’avoir mise sur le devant de la scène, et maintenant, vous me posez cette question?” Résultat: on y fait quelques allusions dans nos articles parce qu'on ne peut pas faire comme si on n'était pas au courant de cette rumeur.»

Le 27 avril, on peut ainsi lire dans un article du «Monde» consacré aux métamorphoses de Nicolas Sarkozy: «Il sait que des murmures sur les états d'âme de sa femme circulent ; il refuse d'en dire un mot.»

A «20 Minutes», le service politique explique: «En pleine campagne présidentielle, les interviews des candidats sont minutées. Quand on s'entretient avec Nicolas Sarkozy, on n’a malheureusement pas le temps d’aborder tous les sujets. On a donc choisi de l'interroger en priorité sur son programme, sur le système scolaire et pénitenciaire, sur le bouclier fiscal, etc. Le cas Cécilia, pour l’instant, n’est qu’une rumeur qui circule sur le Net.»