En Espagne, où des dizaines de kilomètres d'embouteillages provoqués par des opérations escargots étaient toujours signalés autour des grandes villes, les principaux marchés de gros n'étaient quasiment plus livrés en produits frais.

Celui de Madrid a toutefois assuré que sa capacité de réfrigération écartait "dans l'immédiat" tout risque de pénurie.

Le lait, les oeufs, la viande fraîche ou le poisson, se faisaient rares au rayons de certaines grandes surfaces, alors que fruits et légumes dataient souvent du week-end et n'affichaient plus la même fraîcheur.

Ces pénuries ponctuelles étaient aggravées par le fait que de nombreux consommateurs se sont rués sur les rayons pour faire des provisions.

La grève des routiers pénalisait surtout les usines automobiles, qui travaillent à flux tendu et dépendent de livraisons quotidiennes de pièces détachées. Des usines Seat, Nissan, Renault, PSA Peugeot Citroën et Mercedes Benz étaient totalement ou partiellement paralysées mercredi.

Le problème pourrait rapidement s'étendre à des usines d'autres pays européens dépendant de pièces détachées construites en Espagne, selon certaines sources du secteur interrogées par les médias.

La grève des camionneurs a été émaillée d'incidents violents ces dernières heures au Portugal et en Espagne, où deux routiers ont été respectivement tués mardi, renversés par des véhicules à des piquets de grève.

En Espagne, un routier a été grièvement brûlé dans la nuit près d'Alicante (sud-est) alors qu'il dormait dans son camion incendié avec trois autres poids lourd garés sur une aire de repos. Une quinzaine de grévistes ont été interpellés mardi lors d'échauffourées avec la police. Au Portugal, deux camions ont été brûlés et d'autres caillassés dans la nuit.

Les deux organisations minoritaires de routiers espagnols en grève ont repris mercredi leurs négociations avec le gouvernement.

Ce dernier a conclu mardi soir un accord avec les organisations majoritaires non-grévistes comprenant 54 mesures pour atténuer les conséquences de la hausse du prix du gazole. La ministre des Transports, Magdalena Alvarez, a souhaité que ces deux organisations (Fenadismer et Confedetrans) adhèrent à cet accord.

Mais le président de la Fenadismer, Julio Villaescusa, a averti mercredi qu'il ne "signera pas un document n'incluant pas notre principale revendication": la fixation d'un tarif minimum pour le transport routier.

La Commission européenne a jugé mercredi que les pays européens "peuvent et doivent prendre des mesures ciblées pour appuyer les plus démunis" face à la flambée des prix du pétrole, tout en veillant à ne pas "retarder l'adaptation" à une économie moins dépendante des hydrocarbures.

(©AFP / 11 juin 2008 14h04)