Selon l'institut indépendant Pew Research cependant, l'économie figure tout de même au second rang des préoccupations des républicains au niveau national, juste derrière l'Irak (19% contre 25% selon une enquête publiée mardi).

Jeudi, l'ex-Première dame Hillary Clinton s'est rendue à Wall Street pour "un grand discours" sur la crise immobilière. Elle a appelé les milieux boursiers à "jouer (leur) rôle pour mettre fin à la crise des saisies immobilières qui étrangle les familles de la classe moyenne et menace notre économie".

Le même jour, l'un de ses principaux rivaux, John Edwards, a dévoilé ses propositions sur le "rêve de l'accession à la propriété". M. Edwards, le fils d'un ouvrier du textile qui a pour slogan la dénonciation de "deux Amériques" - celle des riches et celle des autres - centre l'essentiel de son message sur des thématiques économiques et sociales, "couverture santé universelle, bons emplois, logements abordables"...

D'après Peter Morici, professeur à la faculté de gestion de l'Université du Maryland, cette attention portée au portefeuille des Américains est nécessaire, mais les candidats vont devoir livrer des propositions concrètes.

"Il ne suffira pas aux candidats démocrates de faire campagne en dénonçant le bilan (du président George W.) Bush (...), au risque d'ouvrir une brèche pour les républicains", prévient-il.

Et pour les républicains, qui pour l'instant se limitent largement à dénoncer l'intention supposée des démocrates d'augmenter massivement les prélèvements obligatoires, "il ne suffira pas de faire campagne en disant 'baissons les impôts et tout va bien'", estime M. Morici. Surtout que "si nous entrons en récession, ce serait vraiment difficile (...) parce que les problèmes seraient trop graves".

Tandis que les thèmes économiques gagnent en importance, l'Irak semble devenir un sujet de plus en plus inconfortable des deux côtés de l'échiquier: pour les démocrates, il devient difficile de réclamer un retrait militaire à court terme alors que la situation tend à se stabiliser, au moins du point de vue de la sécurité.

Pour les républicains, la guerre est encore trop impopulaire pour qu'ils se risquent à la soutenir - à l'exception du sénateur John McCain, qui ne manque pas une occasion de se féliciter d'avoir défendu l'envoi de renforts de troupes en dépit de l'impopularité de sa position en début d'année.