La proposition d'un gel des taux était très attendue et préconisée de différents bords, même si personne ne va jusqu'à proposer de financer une telle mesure par des fonds publics.

La candidate démocrate à la présidentielle Hillary Clinton a proposé mercredi une suspension des saisies pendant au moins 90 jours pour les familles vivant dans leur propre logement, et le gel pendant cinq ans des taux d'intérêt sur les emprunts immobiliers "subprime".

Une personne proche du dossier a indiqué au Wall Street Journal que les mesures que s'apprête à dévoiler la Maison Blanche pourraient s'appliquer à certains prêts consentis entre le 1er janvier 2005 et le 31 juillet 2007, à condition que les emprunteurs soient à jour de leurs remboursements et qu'ils remplissent certains critères.

D'autres emprunteurs pourraient obtenir des aides au refinancement de leur prêt, selon cette source.

Le plan prévoit aussi de donner aux autorités locales la possibilité de lancer des programmes obligataires défiscalisés dont les recettes serviraient à refinancer des crédits, comme l'avait déjà annoncé lundi le secrétaire au Trésor Henry Paulson.

Sans confirmer ces informations, le Trésor a annoncé une conférence de M. Paulson jeudi après-midi "pour discuter des efforts de l'administration Bush visant à aider les propriétaires à conserver leur logement".

M. Paulson avait lancé lundi plusieurs pistes pour aider les ménages étranglés par la hausse de leurs remboursements d'emprunts immobiliers, tout en se disant "optimiste sur le fait que nous aurons quelque chose à annoncer d'ici la fin de la semaine".

Il avait alors indiqué que les efforts viseraient essentiellement les ménages "ayant des revenus stables et un historique de remboursement à peu près convenable", qui pouvaient supporter les taux d'emprunts lorsqu'ils étaient assez bas dans leur phase initiale, mais qui ne peuvent plus honorer les taux une fois qu'ils sont ajustés à la hausse.

La proposition d'un gel des taux, si elle satisfait les emprunteurs et empêche des saisies, risque toutefois de susciter des réticences chez les investisseurs.

"Si un emprunteur risque de ne plus pouvoir faire face à ses remboursements parce que ses mensualités ont augmenté de 80 à 100 dollars par mois, il n'aurait pas dû obtenir un prêt pour commencer", estimait avant l'annonce du plan Kevin Giddis de Morgan Keegan.

"Tout cela n'est rien d'autre qu'un sauvetage gouvernemental qui ne fera rien d'autre que d'encourager les mauvais comportements à l'avenir", a-t-il ajouté.