L'Opep a affiché vendredi ses divisions sur les conséquences pour ses membres de la dépréciation du dollar, l'opposition entre Iraniens et Saoudiens sur cette question illustrant plus généralement les divisions entre pro et antiaméricains au coeur du cartel.

Dans une proposition écrite aux autres membres de l'Opep, le ministre des affaires étrangères iranien, Manouchehr Mottaki, a demandé que "la dépréciation continue du dollar" soit incluse dans le communiqué final, qui sera publié à l'issue du sommet de l'Opep. Mais le secrétaire général de l'Opep Abdallah el-Badri a affirmé que "le dollar ne sera pas dans le communiqué final" du sommet.
Téhéran marque un point
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait répété avant de s'envoler pour Ryad que la faiblesse du dollar «affectait les pays producteurs». Depuis le début de l'année, l'Iran ne vend plus son pétrole en dollars mais en euros et, selon des responsables de la délégation iranienne à Ryad, le basculement est maintenant achevé quasiment à 100%.

L'intérêt est double. Les Iraniens ripostent aux sanctions financières des Etats-Unis. D'autre part, leurs revenus du pétrole augmentent puisque le dollar baisse face à la monnaie unique européenne (il a perdu près de 25% en deux ans).

L'Irak sous Saddam Hussein avait commencé un processus similaire, interrompu par la chute du régime en 2003 après la guerre lancée contre lui par les Américains. Le président vénézuélien Hugo Chavez, qui ne cesse de dénoncer l'hégémonie américaine, s'intéresse de très près à l'initiative iranienne.
Débats à huis-clos
Les débats entre chefs d'Etat de l'Opep doivent avoir lieu à huis-clos. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et Hugo Chavez pourront ainsi remettre le sujet sur la table, cette fois-ci en toute discrétion.

Les membres actuels de l'Opep sont l'Algérie, l'Angola, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l'Indonésie, l'Iran, l'Irak, le Koweït, la Libye, le Nigeria, le Qatar et le Venezuela. Ils devront aussi lors du sommet réintégrer l'Equateur, qui avait quitté l'organisation en 1992.

ats/afp/bri