Orientés légèrement à la baisse à l'ouverture, les cours ont rapidement battu en retraite après la publication du rapport hebdomadaire du département américain de l'Energie (DoE), faisant le point sur l'état des stocks du premier consommateur d'énergie mondial.

Alors que les analystes s'attendaient à une baisse des réserves de brut pour la semaine achevée le 9 novembre, celles-ci ont progressé de 2,8 millions de barils.

En sus, si elles sont inférieures de 6,9% à leur niveau de l'an dernier, elles restent «dans la moitié supérieure de la fourchette» pour la saison, selon le DoE.

Particulièrement observés avec l'arrivée de l'hiver, les stocks de produits distillés (gazole et fioul de chauffage) ont certes reculé de 2 millions de barils, mais leur niveau se situe «à la limite supérieure de la fourchette» pour cette époque de l'année, selon le DoE.

«Le rapport a surpris tous les intervenants», a commenté Antoine Halff, analyste à la Fimat, ajoutant que «c'était le plat principal après l'entrée servie le matin» par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole.

L'Opep a revu à la baisse ses estimations de croissance de la demande mondiale de brut pour 2007 et 2008. Le cartel indique que celle-ci devrait diminuer de 100'000 barils par jour au quatrième trimestre 2007 et de 30'000 barils en 2008.

Dans son rapport mensuel paru mardi, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait, elle, aussi réduit sa prévision de croissance de la demande, tablant désormais sur une demande mondiale de 85,7 millions de baril par jour pour 2007 contre 85,9 millions lors du précédent rapport.

Toutes ces informations interviennent dans un contexte de craintes persistantes sur le niveau jugé insuffisant de l'offre par rapport à l'explosion de la demande, notamment dans les pays émergents comme la Chine ou l'Inde.

Devant des appels de plus en plus nombreux lui demandant d'augmenter sa production afin d'entraîner une baisse significative des prix de l'or noir, l'Opep campe sur sa position.

«Tout indique qu'il y a suffisamment de pétrole sur le marché mondial et qu'une hausse» de la production «n'aurait pas d'impact sur le prix mondial du pétrole», a dit jeudi le ministre iranien du Pétrole Gholam Hossein Nozari.

Les chefs de gouvernement des treize pays membres de l'Opep, dont l'Angola et l'Equateur, se réunissent samedi et dimanche à Ryad en Arabie saoudite, mais ils ont d'ores et déjà indiqué que le sujet d'une hausse possible de leur production sera débattu le 5 décembre lors de la réunion ministérielle à Abou Dhabi.

afx/rp

(AWP/16 novembre 2007 06h35)