Nigeria: attaque contre un oleoduc de Shell dans le sud
Par actualité mondiale le jeudi, novembre 15 2007, 22:58 - Actualité - Lien permanent
LAGOS - L'oléoduc de la compagnie Shell attaqué jeudi matin par des hommes armés et qui alimente son terminal de chargement de Forcados dans le sud pétrolier du Nigeria, n'a pas sauté mais une partie des activités a été suspendue en raison des dégâts, ont indiqué jeudi soir à l'AFP des responsables de la multinationale.
"Nous avons procédé à une inspection par hélicoptère pour évaluer les dégâts. Il y a une fuite. Cette attaque nous a conduit à réduire la pression dans l'oleoduc", a précisé ce responsable sous couvert de l'anonymat.
Un autre responsable de la compagnie a confirmé qu'il n'y avait pas eu d'incendie ni d'explosion. "L'oleoduc a été endommagé, et nous nous préparons pour les travaux de réparation ainsi que les opérations de nettoyage en raison des fuites de pétrole", a ajouté l'un des responsables interrogés. "En tout cas le terminal n'est pas paralysé", a-t-il affirmé.
Selon un expert indépendant, le terminal de Forcados est, avec celui de Bonny (plus au sud dans l'Etat de Rivers), la plus importante installation de Shell au Nigeria.
Ce terminal de Forcados avait été modernisé pendant 5 ans dans les années 1990 par la société italienne Saipem (ex-Bouygues Offshore)
Le géant anglo-néerlandais est le premier opérateur pétrolier au Nigeria avec près de la moitié de la production.
Début octobre, Shell avait repris le chargement au terminal de Forcados d'où 380.000 barils sont exportés en moyenne par jour et qui était fermé depuis 18 mois.
Shell avait alors levé l'"état de force majeure" déclaré depuis février 2006, lorsque des militants de mouvements ethniques du delta du Niger avaient attaqué et endommagé les oléoducs alimentant le terminal en brut.
Un correspondant affirmant parler au nom du Mouvement d'Emancipation du Delta du Niger (MEND) a affirmé jeudi soir dans un courriel être responsable de l'attaque. Mais depuis l'arrestation il y a plusieurs semaines en Angola du "porte-parole" de ce mouvement armé, Jomo Gbomo, les messages envoyés aux medias internationaux sont sujet à caution quant à leur authenticité.
L'auteur de la revendication, qui malgré tout son message du nom du leader arrêté en Angola et dont le Nigeria a officiellement demandé l'extradition, déclare ignorer l'étendue des dommages causés par l'attaque contre Shell et annonce d'autres attaques sur des "cibles non pétrolières" au Nigeria.
Le Nigeria est le premier producteur de brut en Afrique, et le 8e exportateur mondial avec 2,14 millions de barils par jour, mais sa production a été amputée de 25% depuis 2006 en raison de la situation dans le delta du Niger.
(©AFP / 15 novembre 2007 22h08)
