L'insatiable appétit chinois
 
La flotte mondiale est à la traîne derrière l'insatiable appétit chinois. Alors qu'il y a quelques années l'empire du Milieu achetait 5 millions de tonnes de minerai de fer, il en importe aujourd'hui près de 80 millions. Dopé par cette demande chinoise, le premier groupe minier mondial, l'australien BHP Billiton, vient d'afficher des chiffres de production records : + 7 % sur un an pour la production de minerai de fer et + 23 % pour le cuivre.
 
À l'augmentation des quantités transportées s'ajoute l'allongement des trajets. Après l'anéantissement de la moisson de blé en Australie victime d'une sécheresse catastrophique, le Bangladesh a acheté du blé américain pour la première fois depuis 1999. D'où une augmentation du nombre de miles parcourus par tonne transportée : + 6 % cette année contre une augmentation régulière de 2,5 % en moyenne par an.
 
Pour pallier l'insuffisance de l'offre de cargos traditionnels les exportateurs de matières premières se sont rabattus sur les porte-conteneurs. Le coût du fret est certes plus élevé, mais au moins le véhicule est propre et les embarquements sont réguliers. Sauf que les compagnies maritimes ne sont pas très accueillantes. « Elles préfèrent donner la priorité à des chargements légers et à forte valeur ajoutée tels que les écrans plats, plutôt que des matières premières pondéreuses Â» soupire notre courtier en riz. Du coup elles appliquent de fortes majorations de prix en fonction du poids.
 
Boom des méthaniers
 
Mais surtout « les compagnies de Singapour, qui règnent sur le commerce asiatique réservent leurs conteneurs à leurs clients chinois Â», poursuit le courtier. Les producteurs de riz thaïs risquent de devoir attendre que les compagnies maritimes augmentent leurs investissements. Ce qu'elles font d'ailleurs. Résultat, le numéro un mondial de la construction navale, le coréen Hyundai Heavy Industrie, a vu son carnet de commandes tripler depuis le début de l'année. Il affiche complet pour les quatre prochaines années...
 
Les exportateurs ne sont pas pour autant rassurés. Car « les chantiers navals s'intéressent de moins en moins aux cargos traditionnels et préfèrent construire des vaisseaux à forte valeur ajoutée comme les méthaniers Â», indique un professionnel du secteur. Le prix du fret n'est donc pas prêt de baisser.