Le chanteur de Noir Désir devra également "s’abstenir de diffuser tout ouvrage ou oeuvre audiovisuelle dont il serait l’auteur ou le co-auteur et qui porterait, en tout ou partie, sur l’infraction commise et de s’abstenir en outre de toute intervention publique relative à cette infraction".

Le juge a également ordonné, sur demande du parquet, la prolongation de la période probatoire pour la durée maximale d’un an prévue par la loi. M. Cantat reste donc soumis aux mesures de contrôles jusqu’au 29 juillet 2010.

Le magistrat chargé du suivi de la mesure de libération conditionnelle est la juge d’application des peines de Mont-de-Marsan (Landes) où le chanteur de 43 ans est domicilié.

La demande de libération conditionnelle à mi-peine que Bertrand Cantat avait sollicitée le 22 juillet avait été examinée le 20 septembre dernier lors d’une audience contradictoire au centre de détention de Muret (Haute-Garonne, présidée par Philippe Laflaquière, vice-président du tribunal de grande instance de Toulouse chargé de l’application des peines et à laquelle avaient participé des représentants du parquet, M. Cantat et sa défense.

A l’issue de cette audience, l’avocat du chanteur, Olivier Metzner avait déclaré que s’il était libéré, son client, présenté comme "un détenu exemplaire" par l’administration pénitentiaire, "ne remonterait pas sur scène rapidement et qu’il n’y aurait pas de spectacles avant des mois et des mois".

Le 8 octobre, Bertrand Cantat avait obtenu "une permission accordée de cinq jours".

Le leader du groupe bordelais qui avait été condamné à huit ans de réclusion par le tribunal de Vilnius (Lituanie) en mars 2004 pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner" de l’actrice Marie Trintignant, a purgé la moitié de sa peine fin juillet 2007 et a pu à ce titre demander une remise de peine.

Emprisonné tout d’abord à Vilnius, Bertrand Cantat avait été transféré le 28 septembre 2004 au centre de détention de Muret pour y purger le reste de sa peine. Il avait bénéficié d’une première permission de sortie pour les fêtes de Noël du 22 au 27 décembre 2006.

Dans la nuit du 26 au 27 juillet 2003, en Lituanie, en fin de tournage d’un téléfilm où Marie Trintignant tenait le rôle principal, une violente altercation avait éclaté entre le chanteur et sa compagne. L’actrice était décédée le 1er août 2003.

Dans une lettre adressée au juge d’application des peines, Nadine Trintignant, la mère de Marie Trintignant, s’était opposée à la libération conditionnelle de Bertrand Cantat.

"Je crains que sa libération très anticipée n’apparaisse comme tristement significative pour tous ceux qui luttent pour que soient enfin justement sanctionnées les violences faites