Chaque famille dont la propriété a été touchée d'une façon ou d'une autre par les sinistres se voit offrir 3.000 euros, sans autre formalité qu'une déclaration sur l'honneur accompagnée d'une attestation des pompiers ou de la police. Ceux dont les maisons ont été touchées reçoivent 10.000 euros.

"Trois mille euros, ce n'est pas une petite somme. Signer simplement un formulaire pour toucher de l'argent, cela n'avait jamais été fait auparavant", a témoigné un fermier interrogé par l'AFP à Olympie, pas dupe du fait que cette efficacité était "sans doute liée au fait que des élections approchent", en référence aux élections législatives anticipées du 16 septembre.

Plusieurs médias grecs rapportaient que de nombreuses personnes avaient tenté de profiter de cette soudaine manne des autorités en tentant de déclarer des sinistres inexistants.

"J'ai vu ici des personnes de mon village qui n'ont subi aucun dégât pendant les incendies qui attendaient pour toucher de l'argent. Beaucoup sont venues comme cela, pour avoir de l'argent, sans savoir si elles avaient le droit à des dédommagements", a témoigné à l'AFP une habitante anonyme du village de Platanos, au nord d'Olympie.

L'aide privée continue aussi d'affluer, venue notamment de la diaspora grecque à l'étranger. L'Union des armateurs grecs a également lancé un appel à ses membres pour rassembler de l'aide aux victimes.

Le gouvernement joue gros dans ces incendies, qui ont fait depuis le 24 août 63 morts et dévasté au moins 180.000 hectares de terrains.

Mercredi soir, environ 10.000 personnes, pour la plupart des jeunes, se sont rassemblées à Athènes devant le Parlement pour dire leur colère devant ce drame, une manifestation silencieuse réunie à l'appel de "citoyens" sans affiliation politique. A Salonique, dans le nord de la Grèce, une manifestation du même type a rassemblé un millier de personnes.

Le parti au pouvoir Nouvelle-démocratie (ND) et la formation socialiste adverse sont dans un mouchoir de poche selon quatre enquêtes réalisées par différents médias et publiées jeudi, mais la formation de Costas Caramanlis devance toujours ses adversaires de 0,3% à 1,6%.

Premières estimations des dégâts

Les incendies qui ont ravagé le Péloponnèse, au sud de la Grèce, tuant 83 personnes, ont brûlé plus de 150 000 hectares de terrain, détruit ou endommagé plus de 2 000 bâtiments et tué plus de 40 000 têtes de bétail, selon un premier bilan dans les régions touchées.
L’Elide, département le plus durement frappé, à l’ouest du Péloponnèse, recensait jeudi 110 000 hectares brûlés, soit près de la moitié de son étendue, dont environ 40% de forêts, a indiqué à l’AFP un responsable préfectoral, Evgénios Balkamos.
Plus de 40 000 moutons et chèvres ont aussi succombé au feu, tandis qu’environ un millier de bâtiments ont été totalement détruit, et environ le même nombre très endommagés, a-t-il ajouté.
Dans le département voisin de Messénie, plus au sud, le feu a brûlé 17.800 hectares, dont 13 500 de forêts, et consumé 247 000 oliviers, selon un inventaire provisoire de la préfecture. Le feu a ravagé les pinèdes du mont Taygète, un habitat naturel classé par l’Union européenne, tandis qu’"environ 50% du bétail a été tué" et 80 habitations totalement détruites.
Le sinistre va avoir des "retombées économiques immédiates sur l’agriculture, avec une importante baisse attendue de la production, et le tourisme", relève ce rapport.
En Laconie, autour de Sparte, les terres brûlées s’élevaient à 24 400, avec 182 000 oliviers et 4 000 ruches partis en fumée, a indiqué la préfecture. Plus de 150 éleveurs ont été touchés par la perte de 1 300 bêtes et une quarantaine de maisons détruites ou endommagées.
Ce premier inventaire ne prend pas en compte les dégâts enregistrés en Arcadie, autre région touchée dans le Péloponnèse, et sur l’île d’Eubée, au nord-est d’Athènes, en proie elle aussi à des feux depuis près d’une semaine.
Selon le système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS), près de 184 000 hectares de terrain ont brûlé entre le 24 et le 26 août en Grèce, au plus fort de la catastrophe.